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Partir près de chez soi et se sentir ailleurs

il y a 1 jour
5 min de lecture
Salle à manger de la Maison Toscane ouverte sur les champs de lavande, une invitation à partir près de chez soi en Drôme provençale.
Partir près de chez soi, changer de décor : à la Maison Toscane, les repas s’ouvrent sur les paysages de la Drôme provençale.

À la question « Tu pars où ? », on répond presque toujours par une destination. La Provence, la Grèce, le Portugal. Parfois, on précise la distance : trois heures de train, une journée de route, un petit vol. Comme si les kilomètres permettaient déjà de mesurer à quel point on allait décrocher.


On parle moins souvent de la fenêtre qu’on ouvrira le matin, de l’endroit où l’on prendra son café, de ce qu’on fera de cette première journée sans rendez-vous. Pourtant, une fois rentrés, ce sont parfois ces détails que l’on raconte. Le déjeuner qui s’est prolongé jusqu’à quatre heures. Le chemin emprunté chaque jour pour acheter du pain. Cette pièce dans laquelle tout le monde finissait par se retrouver.


Alors, à quel moment a-t-on vraiment l’impression d’être parti ?


Les kilomètres ne font pas tout


Partir loin a ses plaisirs propres. Entendre une langue que l’on ne comprend pas, perdre ses repères, découvrir un paysage qu’on n’aurait pas pu trouver chez soi. La distance peut ouvrir une brèche immédiate dans nos habitudes.


Elle ne garantit pourtant pas la rupture. On peut changer de pays et garder les yeux sur les mêmes écrans, consulter ses messages aux mêmes heures, remplir ses journées avec la même application. Avoir beaucoup bougé et très peu changé de rythme.


L’inverse existe aussi. Arriver à une heure de chez soi, poser son sac, apercevoir le jardin depuis la cuisine et décider qu’on ne ressortira pas avant le lendemain. Le trajet a été court, mais quelque chose a déjà basculé : on dispose autrement de son temps.


Le sentiment de départ tient aussi à cela. À ce qui cesse de nous occuper, à ce qui devient soudain possible.


Une maison peut changer le cours d’une journée


On choisit souvent une maison en regardant sa localisation, le nombre de chambres, les alentours. Puis on y arrive, et d’autres qualités prennent de l’importance.


La cuisine est assez accueillante pour qu’on ait envie de préparer le dîner ensemble. Une table à l’ombre donne une bonne raison de déjeuner sur place. Un fauteuil près d’une fenêtre devient, sans qu’on l’ait prévu, l’endroit où l’on passe une partie de la matinée.


La maison influe sur le séjour. Elle nous réunit ou permet à chacun de s’isoler un moment. Elle invite à recevoir, à lire, à sortir, à ne rien organiser. On découvre une autre façon d’habiter, parfois très proche de celle qu’on aimerait retrouver chez soi.


Au Vieil, à Noirmoutier, les propriétaires de la maison Les Courants racontent ainsi que les marées finissent par rythmer leurs journées : on les regarde avant de partir se baigner, pêcher des palourdes ou marcher sur la plage. La mer est à quelques pas, visible depuis le salon et la chambre parentale. Le changement de rythme prend ici une forme très concrète : décider de sa journée en fonction de l’eau plutôt que de sa montre.


Vue sur la mer et les rochers découverts à marée basse depuis la maison Les Courants, au Vieil, à Noirmoutier.
Aux Courants, au Vieil, on regarde la marée avant de décider de sa journée.

C’est aussi une part du plaisir des vacances : essayer, pendant quelques jours, une vie légèrement différente. Prendre le temps de cuisiner parce qu’on en a envie. Laisser un livre ouvert et y revenir. S’attarder à table parce que personne n’a besoin de la débarrasser pour travailler.


Dans ces moments-là, la maison devient une part entière du voyage. On se souviendra d’elle autant que des endroits visités.


Partir près de chez soi et se sentir ailleurs ?


La question devient particulièrement intéressante lorsqu’on choisit de partir près de chez soi. On connaît les noms des communes, on reconnaît une sortie de route. Rien ne paraît tout à fait étranger.

Mais connaît-on vraiment un lieu parce qu’on sait le situer ?


On a parfois traversé une région pendant des années sans y avoir passé une matinée. Sans avoir marché dans ses rues, attendu l’ouverture de sa boulangerie ou découvert ce qui se trouve au bout d’un chemin. Y dormir change la relation au lieu. On cesse de le traverser ; on commence à y prendre ses habitudes.


Pour un Parisien ou un Francilien, le pays d’Auge peut offrir cette occasion de regarder autrement une région familière. À Hotot-en-Auge, une maison de maître entourée d’un parc de plusieurs hectares permet de réunir famille ou amis avec ses sept chambres et ses grands espaces de vie. Les propriétaires proposent notamment de rejoindre Beuvron-en-Auge à vélo pour flâner dans ses ruelles. Une façon de découvrir les alentours en prenant le temps d’y séjourner.


Vue d’ensemble de la maison de maître à Hotot-en-Auge, entourée de pelouses et de grands arbres.
Dans le pays d’Auge, une maison de maître et un vaste parc pour se retrouver quelques jours au vert.

La proximité a aussi cet avantage très concret : elle laisse davantage de place au séjour. On peut arriver assez tôt pour profiter de la première soirée. Partir deux ou trois jours sans faire du trajet une expédition. Retrouver des amis autour d’une table, avec le temps de se réveiller ensemble le lendemain.


Elle demande toutefois une petite décision. Celle de ne pas garder un pied dans son quotidien. Si l’on prévoit de rentrer chercher quelque chose, de passer au bureau ou de régler les obligations habituelles entre deux promenades, la parenthèse se referme vite.


On peut partir près. Encore faut-il s’autoriser à être absent.


Et l’appel du Sud ?


Il reste des envies qu’une maison voisine ne remplace pas. Celle d’une lumière particulière, d’un autre paysage, d’une soirée qui se prolonge dehors. Le Sud porte tout un imaginaire de départ, mais le plaisir se précise une fois sur place : une rue encore fraîche le matin, les volets que l’on ferme l’après-midi, l’heure du dîner qui recule.


À Pont-de-Barret, dans la Drôme provençale, la Maison Toscane s’ouvre sur les champs de lavande, avec une vue sur les falaises d’Eyzahut et les Trois Becs. Les propriétaires évoquent leur moment préféré : la fin de journée, lorsque le soleil descend sur les champs. Ce simple détail donne déjà une idée de ce qu’on pourrait venir chercher ici : du temps pour regarder, pour laisser le paysage prendre une place dans la journée.


Mas en pierre de la Maison Toscane à Pont-de-Barret, entouré de champs de lavande et de cyprès, avec les montagnes en arrière-plan.
À la Maison Toscane, entre lavande, cyprès et montagnes, le paysage invite à s’attarder.

Là aussi, la maison donne une forme au voyage. Elle permet de prendre part, à son échelle, au rythme des lieux. De revenir avec les courses, de chercher le coin le plus frais, de reconnaître peu à peu les sons du voisinage. Les jours acquièrent leurs petits rendez-vous.


Entre une escapade à quelques heures de chez soi, une semaine sur une île et un séjour dans le Sud, les envies diffèrent. À certains moments, on a besoin d’inconnu. À d’autres, quelques jours dans un lieu où l’on se sent bien suffisent à retrouver une disponibilité oubliée.


Avant le prochain départ, on pourrait donc ajouter une question à celle de la destination : comment ai-je envie de vivre mes journées là-bas ?


La réponse aidera peut-être à choisir une maison. Et la distance à parcourir pour la rejoindre.

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